Page - Aurevoir

Auteur : nabi

Écrit le : 2018-08-05


Harold déposa ses dernières affaires dans la MicroBox R.a.N.g, et appuya sur le bouton annoté de la lettre P. Après un léger bruit de succion, la Microbox se recroquevilla sur elle-même et atteignit une taille suffisante pour permettre à l’homme d’âge avancé, de la ranger dans sa poche.

Après un soupir, il releva alors la tête et observa avec tristesse la chambre qu’il avait occupée pendant plus de cinq ans. La large fenêtre déversant à grands flots la lumière artificielle de la colonie, son tube de sommeil à la pointe de la technologie, le sanitoyeur lui assurant une hygiène irréprochable, sa bibliothèque débordant de livres, ces écrits rares que la maîtresse de maison avait accepté lui offrir, malgré leur prix exorbitant.

Replongeant dans ses souvenirs, Il se laissa pouffer un coup en repensant à la fille de la maîtresse lorsqu’elle avait essayé de les lire. Depuis que la technologie permettait d’envoyer automatiquement les informations dans le cerveau, des activités banales comme lire un livre, regarder un film ou écouter de la musique sont devenues désuètes. Cette pensée chagrina Harold, qui soupira de nouveau. Le vieil homme allait retourner dans ses pensées, lorsqu’on frappa à sa porte et que de petits gémissements d’effort provinrent de derrière la même porte.

Ormina se trouvait sur la pointe des pieds, les bras tendus vers l’interphone pour annoncer sa venue, lorsqu’Harold ouvrit la porte. La jeune fille ne vit pas tout de suite que la porte était ouverte et s’étira de plus belle en gémissant pour essayer d’appuyer sur le bouton. L’homme allait intervenir lorsqu’une voix l’interrompit dans le couloir.

« Là, je peux vous dire qu’elle risque de se vexer, si elle découvre que vous l’avez laissée faire alors que vous aviez ouvert la porte, s’amusa une femme en s’approchant

Comprenant qu’elle ne pouvait discuter, elle partit en direction de sa cousine, les pieds trainants. Les deux adultes la regardèrent s’éloigner, un brin d’amusement dans le regard. Le majordome coupa la parole à la matriarche.

Il soutint alors son regard noir, comme il l’avait de nombreuses fois fait, et lorsqu’elle acquiesça, il alla la retrouver pour passer un dernier instant avec elle, et lire une dernière fois son histoire favorite, Le vieil homme et la mer.