Page - Nostalgie

Auteur : nabi

Écrit le : 2018-04-29


« Amelia ? Salut ma puce. Heum… C’est maman. Tu vas bien ? Je, je voulais te demander, peux-tu rentrer à la maison s’il te plait ? Ça nous ferait vraiment plaisir à ton père et moi.

Afin de communiquer l’être humain a mis en place un langage, composé de sons, qui mis les uns à la suite des autres, font des phrases et permettent d’échanger, de se faire comprendre. Pourtant, vous le savez, nous échangeons énormément sans prononcer le moindre mot. Les silences ou l’absence de mot ont un sens très lourd.

Les non-dits.

Savoir lire entre les mots.

J’avais compris les mots que ma mère n’avait pas dits, j’avais sur lire entre ses mots. Elle avait contrôlé sa voix, mais je savais qu’elle avait surement beaucoup pleuré.

Je pris la route vers 20h, à ce moment où le ciel est teinté de cette douce couleur orange, s’étalant lentement. Plus l’heure m’accompagnait vers mes parents, plus l’orange était vif et puissant, et plus mon cœur se chargeait. D’habitude, je mets une playlist rock assez forte lors de mes voyages en voiture, mais ici, elle ne convenait pas du tout. J’avais trouvé une playlist douce et nostalgique en partant et elle m’accompagnait elle aussi, sur cette route orangée.

Plus les villes passaient, plus je me faisais violence pour repousser l’angoisse qui grandissait dans mon ventre. Lorsque je vis le panneau « Aurray » passer sur la route nationale, je n’emprunta pas la sortie, comme à mon habitude, mais je continua vers le second panneau « Hôpital Le pratel ».

En arrivant sur le petit parking qui se situait derrière le centre hospitalier, la pénombre déployait son drap sombre et les lumières s’allumaient de partout. Je choisi une place un peu à l’écart de l’entrée ; je voulais marcher et bien que cette marche ne dura que deux minutes, elle me fit du bien.

Je m’annonça à l’accueil et je me fit indiquer une chambre au bout d’un couloir, au deuxième étage. L’hôpital était silencieux, et rares étaient les bruits qui venaient briser ce silence. J’avais toujours apprécié les hôpitaux, pour leurs odeurs, leurs couleurs, leur ambiance… Certains de mes proches n’aiment pas ces lieux, et je les comprends. Ils sont synonymes de mauvaises nouvelles, d’attentes, de douleurs, mais aussi de reconstruction, de bonnes nouvelles et de joies.

Pour la première fois depuis mon départ, je me demandais ce que ce lieu serait pour moi. Bonne ou mauvaise nouvelle ? Douleur ou réconfort ?

Lorsque j’ouvris la porte, je pleurais, submergée par cette peur qui se terrait depuis ce coup de fil en moi. Pourtant, lorsque je les vis, ce fut un large sourire qui étirait à eux deux leurs lèvres.