The Legend Of : Le cinéma (Part 1)

Auteur : nabi

Écrit le : 2016-09-28 21:04:22


Haa, le cinéma. Fantastique invention que le cinéma. Ben oui, c’est quand même un truc où tu passes facilement 2 heures assis dans un fauteuil, à rien foutre à part regarder un film, avec plein de pubs qu’on s’en fout avant. Et en plus, on fait pas ça tout seul, y’a des gens avec nous (ouais bon, on est déjà quelques-uns à avoir expérimenté la séance de cinéma perso, c’est la même séance, mais y’a que toi dans la salle). Et le pire, c’est que si tu fais ça chez toi, on te dit que t’es une grosse fainiasse, mais quand tu dis que tu vas au cinéma, ben là, c’est bien. Fin bon, tous des jaloux. Vous l’aurez compris (j’espère), je vais parler de cinéma aujourd’hui, et en particulier de son histoire !

Le cinéma, c’est quoi ?

En effet, avant de s’attarder sur la question « d’où vient le cinéma ? » il est utile de se poser la question « c’est quoi le cinéma » ? Et bien tout d’abord, le cinéma peut être un objet, un lieu, une industrie et un art. Pour l’objet, cinéma est l’abréviation de cinématographe, qui est l’appareil imaginé et créé par les frères lumières (t’es sûr ?), pour enregistrer et projeter des images animées (cf Larousse  05/07/2016). Le cinématographe a évolué mais a disparu, laissant la place aux caméras d’un côté, et aux projecteurs de l’autre.

Le cinéma, assez logiquement et je ne pense pas que s’étaler sur ce sujet soit utile, est également le lieu où les films sont diffusés. (Non n’applaudissez pas, pas besoin)

Le cinéma est donc aussi un art. Il s’agit du septième art, parmi la liste des neuf arts, à savoir :

  1. l’architecture
  2. la sculpture
  3. les arts visuels (peinture et dessin)
  4. la musique
  5. la littérature
  6. les arts de la scène (théâtre, danse mime et cirque)
  7. le cinéma 
  8. les arts médiatiques (radio, télévision et photographie)
  9. et la bande dessinée

Certains avancent l’existence d’un dixième art, mais personne n’est d’accord sur ce qu’il faut y mettre. Bon, c’est pas mal, y’a déjà des gens qui reconnaissent que certaines disciplines peuvent être reconnues comme de l’art dans certains cas. Pour faire une liste non exhaustive, on pourrait y placer l’art culinaire et la gastronomie, l’art floral, les jeux vidéo, les arts numériques, les jeux de rôle, la calligraphie, la parfumerie et j’en passe. Et je pense que tous ont leur place en tant qu’art, mais qu’une classification n’est pas nécessaire.

(désolé, je devais le faire...)

Pour information, cette classification des arts remonte à la fin du XX° siècle. La classification utilisée est assez récente oui, même si dès l’Antiquité on retrouve un classement effectué sur certaines activités appelées « Tekhne », en rapport aux Muses qui chacune parrainait une activité dite artistique (l’astronomie était ici un art, oui, l’astronomie). Mais ne nous égarons pas et revenons à nos moutons. La définition donnée par le dictionnaire Larousse est qu’il s’agit d’un art consistant en la composition et la réalisation d’œuvres cinématographiques. Il s’agit également d’un procédé permettant de procurer l'illusion du mouvement par la projection, à cadence suffisamment élevée, de vues fixes enregistrées en continuité sur un film. Il faut tout de même souligner que plus qu’un art, il s’agit surtout d’une industrie aujourd’hui. Même s’il est facile, en regardant les œuvres réalisées, de voir ce qui résulte aujourd’hui de l’art, et ce qui résulte de l’industrie.

Aujourd’hui les films sont d’avantage produits par l’industrie et non par l’art du cinéma. Je présenterai l’industrie du cinéma par la suite, après avoir présenté l’histoire du cinéma.

L’histoire de la création du cinéma

Pour parler de l’histoire du cinéma, intéressons-nous d’abord à la photographie. Vous connaissez je pense tous la photographie, qui consiste en l’enregistrement, à l’aide de la lumière et de produits chimiques, d’un objet, d’une scène, d’une personne. La photographie trouve elle ses fondements en 1824, avec Nicéphore (un prénom très simple à porter et élégant) Nièpce. Il réalisait des « photos-gravures » à l’aide de bitume de Judée (d’asphalte) étendu sur des plaques d’argent.

Il faut ajouter aux débuts de la photographie, la « redécouverte » de la persistance rétinienne. Léonard de Vinci avait bien observé ce phénomène mais n’avait pas été capable de l’expliciter, le démontrer. En 1825, le chimiste et physicien Michael Faraday parvient à le démontrer.

(Fixez ici les 3 points au centre pendant 20 à 30 secondes, puis regardez votre mur)

Pour ceux d’entre vous qui se demandent « hey, mais c’est quoi la persistance rétinienne, d’abord ? »  Doucement Bijou, j’y arrive ! Il s’agit d’un phénomène assez simple selon lequel notre œil sauvegarde pendant un cours laps de temps, une image vue. Nous avons en effet une zone de la rétine, sensible à la lumière. Dans cette zone se trouvent des cellules qui possèdent une substance qui se dégrade lorsqu’elle est exposée à la lumière. La dégradation de cette substance cause donc une impression temporaire très courte d’une image vue. Rassurez-vous, cette dégradation est temporaire et la substance se régénère vite. Un exemple simple de ce phénomène est lorsque que vous regardez une lumière pendant un long moment. Les tâches sombres dans votre champ de vision sont causées par cette dégradation. Un autre exemple serait par exemple ses photos en couleurs qu’on vous demande de fixer pendant 20 à 30 secondes avant de vous montrer l’image en noir et blanc. Vous verrez l’image en couleur pendant un cours instant.  

Cette persistance rétinienne fait que nos yeux ne peuvent enregistrer une image différente que tous les seizièmes de seconde environ. Et lorsqu’une image va trop vite, cela se traduit par un flou dans notre vue. Il y a donc une limite à la vitesse de la perception de l’œil.

Pour revenir à nos moutons (à nos chevaux pour notre cas, vous verrez), c’est dans l’étude d’une décomposition et recomposition du mouvement que les recherches sur la persistance rétinienne et la photographie sont poussées. Au cours de ses recherches, Eadward James Muybridge dispose d’abord 12 puis 24 appareils photo le long d’un hippodrome. Ces appareils se déclenchent au passage du cheval, permettant une décomposition du mouvement du cheval. Il invente alors le Zoopraxiscope, qui recompose le mouvement. Les images capturées sont imprimées sur un disque en verre et projetées à l’aide d’une puissante lanterne. La rotation du disque permet de donner l’illusion d’un mouvement grâce au principe de la persistance rétinienne. Nous sommes ici en 1876.

En 1886, Louis Aimée Augustin le Prince invente un appareil photo hyper méga rafale qui prend 16 photos en un cours laps de temps. L’appareil se base sur les recherches d’Eadward Muybridge et de la décomposition du mouvement. Deux ans plus tard, Louis le Prince dépose un brevet sur une caméra de prise de vue et de projection. Appareil qu’il construit la même année et qu’il utilise pour réaliser un enregistrement de deux secondes, projeté également la même année. « Donc tout ton baratin qui arrive après sur la première projection publique faite par le frères Lumière et tout ça c’est faux ?! ».

Eh bien, oui et non. Louis le Prince à bien déposé un brevet en 1888 d’une caméra de prise de vue et de projection, soit quatre and avant le cynématographe de Léon Bouly et sept ans avant le cinématographe des frères Lumière. Il n’est pas dit que le travail de Léon Bouly et des frères Lumière reprend celui de Louis le Prince. Ce qui est vrai, c’est que le Cinématographe, et donc le terme encore usité aujourd’hui date bien de 1892. Donc en effet, le Prince a inventé le procédé et a réalisé le premier outil d’enregistrement du mouvement, mais il ne semble pas que ses travaux aient été utilisés par la suite. Il disparaît ensuite mystérieusement lors d’un voyage Paris – Dijon et cette disparition n’a jamais été élucidée. L’histoire du cinéma continue donc ensuite, mais sans lui.

Eadward Muybridge est alors considéré comme l’un des pères fondateurs du cinéma. Son invention aura été reprise par la suite et les évolutions qui lui sont apportées permettent d’arriver plus tard à l’invention du cinéma. Ainsi, en 1891, Thomas Edison met au point le kinétographe et le kinétoscope, en se basant sur le travail de Muybridge, après leur rencontre. Ces machines permettent d’enregistrer et de visionner ce qu’Edison appellera des « vues ». Ici les images ne sont pas projetées sur un grand écran, mais seulement visibles à l’aide du kinétoscope, demandant à l’utilisateur d’être débout, les yeux collés à l’appareil.

L’invention de ces appareils ne peut être considérée comme l’invention du cinéma, puisque les images ne sont pas projetées. Le cinéma est en réalité né entre 1894 et 1895 avec les premiers enregistrements et projections réalisées par les frères Lumières. Mais, non, le cinématographe n’a pas été inventé par les frères Lumières. Le premier brevet pour l’appareil photographique instantané pour l’obtention automatique et sans interruption d’une série de clichés analytiques du mouvement ou cynématographe, a été publié en 1892 par Léon Guillaume Bouly. Dans ce premier brevet, le cynématographe n’est capable que d’enregistrer, mais pas de diffuser. Léon Bouly dépose un nouveau brevet, le 27 décembre 1893, d’un cinématographe réversible, permettant ici de filmer et de projeter.    

Pour l’information (à ressortir lors de diners mondains ou de soirées), le nom cinématographe vient du grec. Il vient de κίνημα (kinéma) « mouvement » et de γράφειν (gráphein) « écrire ». Le nom de l’appareil reprend donc l’idée de base qui répondait au besoin d’enregistrer le mouvement, de l’écrire. Et non, il n’y a pas de fautes à cynématographe puisque lors du dépôt du premier brevet, c’est le nom que Léon Bouly a utilisé, avec un y. Ce dernier devient un i lors du second dépôt, en 1893.

Deux appareils ont été produits, mais aucun témoignage ne semble prouver un quelconque fonctionnement des appareils. L’histoire suppose que, découragé par cet « échec », Léon Bouly n’a pas versé la seconde annuité du brevet, le faisant tomber dans le domaine public. Les frères Lumière déposent leur brevet en février 1895. Les frères ont alors réalisé des enregistrements en 1894 avant de réaliser des projections privées en 1895. Étant donné qu’il y a bien une projection, on est bien ici sur la naissance du cinéma. La première projection publique à lieu le 28 décembre 1895. Elle prend place au Grand café et y sont projetés les cours enregistrements suivants :

  1. La Sortie de l'usine Lumière à Lyon 
  2. La Voltige 
  3. La Pêche aux poissons rouges 
  4. Le Débarquement du congrès de photographie à Lyon
  5. Les Forgerons 
  6. Le Jardinier
  7. Le Repas de bébé 
  8. Le Saut à la couverture 
  9. La Place des Cordeliers à Lyon 
  10. La Mer 

Chaque enregistrement dure environ une minute et est muet (oui, forcément. Vous pouvez me laisser finir maintenant ?). On peut y découvrir le premier film de l’histoire, où on voit les employés de l’usine Lumière de Lyon, quitter l’usine. Le film de « l’arrivée du train en gare de la Ciotat » est lui sortit en 1896, soit après la première projection publique. Pour l’anecdote, la séance a couté à l’époque la modique somme d’un franc (oui le coût de la vie n’était pas le même je sais). Ce qui correspondrait environ, aujourd’hui, à un coût d’environ 4 €. On ne te remerciera jamais assez Pathé pour les séances à 11 €. Si la première séance publique n’avait attiré que quelques « badauds », très vite le bouches-à-oreilles se met en place et très vite de nombreuses projections ont lieux, jusqu’à 18 par jour.

Les deux « inventeurs » savourent pleinement leur succès. Mais loin de s’arrêter, ils décident d’ouvrir une salle dans Paris, dédiée à la projection de courts métrages qu’ils appellent des vues. Les frères forment alors des opérateurs qui eurent alors pour mission de parcourir le monde et de filmer des scènes qui pourraient intéresser le monde, et surtout de montrer au monde le cinématographe. Lors de leur arrivée aux États-Unis, Edison vient de racheter l’invention de Charles Francis Jenkins (il a beaucoup travaillé sur le cinéma et la télévision, et ses inventions ont permis de faire avancer le schmilblick) et de Thomas Armat (Il a surtout bossé sur le phantoscope et le cinéma), le Phantoscope (Edison le renomme alors vitascope, après avoir demandé à Armat de modifier le Phantoscope pour ne pas se faire écraser par la concurrence représentée par le cinématographe). Il s’agit d’un appareil de projection qui permet à Edison de s’imposer dans le domaine du cinéma, alors qu’il n’a fait que racheter le brevet. Les opérateurs des frères Lumières se voient confisquer les cinématographes, perçus comme de la contrefaçon de vitascope.

Parmi les nombreuses personnes à assister aux projections, en France, se trouve Georges Méliès. Ce nom ne vous dit peut-être rien, mais c’est le papa du cinéma moderne puisqu’il réalise en en 1902 le célèbre film Voyage dans la Lune, premier film dans lequel on peut voir des effets spéciaux. Méliès est prestidigitateur de métier et voit tout de suite l’opportunité qu’offre le cinéma pour le spectacle. Il se serait précipité vers les frères Lumière pour leur acheter un exemplaire du cinématographe, mais ces derniers auraient refusé de lui vendre un exemplaire. Entre son premier film et 1912 environ, il réalise un peu plus de 520 film, d’une durée d’une à vingt minutes. Ces films couvraient un bon nombre d’émotions puisqu’ils étaient souvent poétiques, fantastiques, mystérieux, naïfs et remplis d’humour.

A partir de cet instant, et jusqu’en 1927, année de sortie du premier film non muet, les films sont…

Allez, je sais que vous l’avez. Oui, je l’ai entendu dans le fond. Oui, vous avec les yeux bleus… Non, pas réservés aux personnes avec des problèmes de vue…

La jeune femme aux cheveux verts ? Non, pas financés par une force judéo maçonnique prônant un contrôle massif de la production de nouilles japonaises

Oui, l’homme couvert de trace de terre avec une pelle dans la main ? Oui ! Ils étaient muets !

Il faut en effet attendre le 6 octobre 1927 et la sortie du film Jazz singer (Le chanteur de jazz) au Etats-Unis pour entendre un film parler. Avant cela, les films sont souvent accompagnés de musique, jouée pendant la diffusion du « film » et d’une personne, un bonimenteur, présentant les prises de vue. 

Nous allons donc nous arréter ici pour cette fois. J'espère que cette première partie vous a plus, la suite arrive ou vendredo soir prochain! N’hésitez pas à partager l’article autours de vous, n’hésitez pas à commenter pour dire si c’est bien ou non. Rendez-vous sur les réseaux sociaux ici => (Facebook, Twitter  et Google +) et suivez les pages !